Dressée
à l’entrée, à la porte
du dolmen dont elle fait jambage,
la Gardienne, seins en pointe,
d’un regard éteint de son visage
sans traits, dépouille les chairs,
décharne les os,
dénude les âmes.
Et les âmes surnagent, elles planent,
coulant sur un lit d’ossements disloqués,
broyés, dans ce dolmen, moulin/alambique à
extraire l’essence de vie.
L’air y est dense, pesant, en courant d’une
exquise langueur, indécelable mouvement.
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La
chambre se serait-elle agrandie,
ceignant entre ses orthostats galaxies,
espace intersidéral, univers, l’infini
?
Les lois de la physique s’étiolent,
renoncent à leur rôle.
Le parcours est sans control.
À l’instant ultime, se devine une porte,
exutoire, porte de sortie,
porte fausse, en porte-à-faux,
qui débouche sur la pierre, sur l’impasse.
Mais voilà que la roche s’est raréfiée
:
Entre ses molécules un tel espace
que les âmes s’envolent, épurées,
par les interstices, aspirées,
entraînées dans une spirale ascendante
qui les ramène à la vie, aux vies
— à nos vies.
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